
Namur, le vendredi 17 janvier 2025. Vers 17H?
Coucou Zia,
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Un vendredi ordinaire d’un mois de janvier froid. Je viens de pleurer, et cela ne m’était plus arrivé depuis un certain temps déjà. D’habitude, ces derniers temps, j’arrive à gérer ce trop-plein d’émotions. Mais aujourd’hui, à cet instant précis, je viens de craquer, sans vraiment savoir pourquoi. Enfin, si, peut-être un peu. Ce matin, je cherchais ma carte d’identité, et pour être sûr qu’elle ne traîne pas quelque part dans l’appartement, je me suis mis à ranger, trier, jeter… Et là, bien sûr, je suis tombé sur des souvenirs, des écrits, des photos, des petites attentions, des dessins… Ça fait mal, Zia. Mais en même temps, ça fait du bien de se rappeler que nous avons vécu de belles choses ensemble… Est-ce que d’autres moments viendront un jour ?
Un vendredi ordinaire, donc. Mais peut-être qu'en ce moment, toi, tu es rentrée, ou que tu reviens de là où tu fais tes études, de l’endroit où tu as ton logement… seule, avec ton amoureux, ou une amie… Je n’en sais rien. Et peut-être que cela n’a pas d’importance, je ne sais pas.
Je me remets souvent en question. Je m’interroge sur le bien et le mal que j’ai pu te faire, sur l’amour indéfectible que je ressens pour toi, et je culpabilise aussi. Je retourne tout ça dans tous les sens, et aujourd’hui, après toutes ces années où je me suis retrouvé mis de côté, je me demande si, un jour, toi, mon enfant, tu auras réellement le désir de renouer avec ton père. J’essaie de m’accrocher à cet espoir, mais ça fait tellement mal. Attendre sans savoir… sans avoir de réponse… sans que mes mains tendues ne trouvent les tiennes, c’est comme me faire souffrir encore un peu plus. L’ai-je mérité à ce point ? Vraiment ? J'ai aussi l'espoir que, malgré ta vie de jeune femme épanouie et bien remplie, il t’arrive de penser à moi, et que, comme moi, tu prennes du recul et réfléchisses à nous, en mesurant bien la répercussion de ta position. Ne pense pas que je cherche un coupable dans notre relation aujourd’hui. Nous sommes deux. Oui, deux : toi, une jeune adulte qui as pris position, peut-être avec trop peu de recul, et un seul son de cloche, peut-être crains-tu qu'à nouveau, si tu t'approches de l'espoir de retrouver ton papa, tu sois de nouveau déçue ? Je ne peux te dire ce qui adviendra, je constate aujourd'hui que les années passent, et que jamais nous ne pourrons revenir en arrière. Mais je désire connaître ma fille, t’approcher et te dire à quel point je t’aime.
Pour que cela soit possible, il nous faut faire un pas l’un vers l’autre. Moi, j’essaie ; à toi, si tu en ressens le besoin, de faire de même. Sinon, cette attente, cet espoir, et ce rejet risquent de perdurer, sans raison aujourd’hui.
Que dire de la peine et de la tristesse que doivent ressentir Opa et Oma ? Même si nous n’en parlons plus jamais, ils sont âgés, et avant d’être tes grands-parents aimants, ce sont mes parents. Je me dois de les préserver.
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Je t'aime.
Papa.
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petites videos,
Y'a pas que moi le FOUFOU ;-)





Bonjour ma grande Zia,
J'espère de tout cœur que tu vas bien et que tout se passe pour le mieux de ton côté. Voilà, nous y revoilà, à cette période de fêtes, de partage, de pardon, de fous rires, de bons repas et de joie en famille.
Je te souhaite de passer une superbe soirée, bien entourée. De mon côté, et tu t'en doutes certainement, ce n'est pas la période la plus joyeuse. Je ne comptais rien faire de spécial, si ce n'est rester chez moi. Mais il serait néfaste de refuser une invitation à passer tout de même une agréable soirée, et de ne pas rester seul.
J'aimerais savoir comment se passent tes études, ton avenir, ton cœur... Surtout, j'espère que tu es heureuse dans ta vie. Tu me manques plus que tu ne peux l'imaginer, et je tiens à te dire, encore et encore, que je t'aime très très fort.
Mon intention est totalement saine, et je ressens le besoin de t'écrire, de t'envoyer ce message. Ne pas te faire parvenir un mot en cette période serait, pour moi, comme accepter cette situation anormale entre nous, et je refuse de la laisser perdurer sans essayer de renouer. J'espère sincèrement que tu ne m'en tiendras pas rigueur.
J'aimerais t'offrir un cadeau, quelque chose d'utile, qui te fasse plaisir au quotidien. Si tu as une idée ou une envie particulière, je serais ravi de te l'offrir, même si ce geste reste bien modeste face à tout ce que j'aimerais pouvoir te dire.
Pour moi, le plus beau des cadeaux serait de pouvoir nous retrouver, que ce soit par un petit geste, un mot, un échange. Je crois que c'est ce que nous désirons toutes les deux au fond : reprendre contact, avancer ensemble. Je souhaite de tout cœur que tu sois en paix et heureuse dans ta vie, et si un jour tu souhaites que l'on parle, je serai là.
Je pense à toi chaque jour. Je t'embrasse tendrement et, encore une fois, je t'aime très fort.
Avec tout mon amour,
papa. bisesssssss
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le Mardi 24 déc 2024, Namur, 13H30